CIPF
Centre indépendant de promotion fourragère
Culture de silphie et apiculture
La silphie perfoliée (Silphium perfoliatum), nouvelle venue dans le paysage agricole wallon, fait partie de la famille des astéracées au même titre que le tournesol. Il s’agit d’une plante vivace caractérisée par une floraison longue s’étalant de mi-juillet à mi-septembre dans notre région. Au fur et à mesure de la floraison, 3 à 5 rangs de capitules jaunes de 6 à 8 centimètres de diamètre se succèdent. Cet étalement de la floraison permet aux insectes butineurs de disposer d’une potentielle source supplémentaire de nectar et de pollen à une période où les ressources deviennent globalement plus limitées.
Entre 2022 et 2024, le projet « la silphie, une nouvelle opportunité pour l’agriculture et l’environnement en Wallonie » a permis le suivi de 5 à 12 colonies d’abeilles mellifères sur un minimum de 2 sites par an. Le Cari et le CIPF ont collaboré avec plusieurs apiculteurs chevronnés afin de mener à bien cette étude.
De nombreuses informations ont pu être obtenues au cours de ces 3 années de suivi. La principale hypothèse qui en découle semble indiquer qu’il ne faut pas s’attendre à des niveaux de production de miel aussi importants que ceux mentionnés dans la majorité des articles non scientifiques accessibles en ligne. Globalement, durant les 3 années de suivi, les quantités de miel récoltées étaient systématiquement comprises entre 2 et 6 kilogrammes par ruche. La mise en place d’une seule hausse par ruche était donc amplement suffisante.
Malgré cette production limitée, les 5 apiculteurs ayant collaborés dans le cadre du projet se sont montrés satisfaits car différents éléments favorables ont été mis en évidence :
- Une réduction des besoins en sirop de nourrissement avant l’hivernage. Ainsi, la majorité des colonies ayant butiné dans la silphie n’ont pas dû être nourries avant l’hiver. Cela était probablement lié à un stockage de réserve (miel + pollen) dans le corps de ruche rendu possible en fin de saison. (Information à confirmer sur un plus grand nombre de ruches)
- Un maintien de la vigueur des colonies avant la période hivernale avec une intervention réduite de l’apiculteur
- Une production de pollen potentiellement valorisable dont la faisabilité pratique en fin de saison reste à évaluer plus précisément
- La garantie d’un miel préservé des résidus en produits pesticides car aucun produit phytosanitaire n’est utilisé en culture de silphie
Illustrations : ruches en bordure de parcelles de silphie perfoliée

Au-delà des enseignements acquis « sur le terrain », des examens organoleptiques réalisés par l’asbl CARI ont mis en évidence les caractéristiques suivantes :
- Miel onctueux à tartinable
- Miel de couleur orangée (plutôt claire)
- Intensité des odeurs discrète
- Intensité des arômes moyenne
- Miel aux notes chaudes et florales avec des arômes de violette
- Intensité des saveurs considérée comme moyenne
Selon l’origine des échantillons de miel analysés, des examens polliniques ont révélés :
- Soit une dominance nette des pollens de silphie (Champs de silphie isolés / miel considéré comme monofloral)
- Soit une présence significative de pollens de silphie avec de nombreux autres pollens d’accompagnement (Champs de silphie à proximité de bois / miel considéré comme « toutes fleurs »)
Ces 3 années de suivi ont également permis de caractériser le pollen de silphie qui présente de fortes similarités avec celui du tournesol. Durant les années à venir, les analyses de miels supplémentaires permettront de préciser l’identification du pollen de silphie et la détection de sa présence dans les miels. Ces analyses supplémentaires permettront également de préciser les valeurs physico-chimiques de références d’un miel pour confirmer son appellation en tant que « miel monofloral de silphie ».
Illustration : grains de pollens observés au microscope à partir de fleurs fraîches

Photos CARI – Août 2024
En conclusion, bien que la silphie soit une plante mellifère, son principal intérêt dans le domaine apicole n’est sans doute pas lié à la production de miel mais plutôt au renforcement des colonies avant la période hivernale. La silphie perfoliée pourrait donc être une ressource intéressante de nectar et de pollen pour les colonies d’abeilles à une période de l’année où ces ressources se font de plus en plus rares.
Fiche rédigée par : Gilles Manssens (CIPF) - Doriane Alberico (Cari) - Carine Massaux (Cari) dans le cadre des travaux menés par l’Observatoire wallon de la silphie (2021-2025)
Partenaires du projet et de l’Observatoire wallon de la silphie :

Avec le soutien de :

SPW Direction du développement durable
Cabinet de l’Environnement, de la Nature, de la Forêt,
de la Ruralité et du Bien-Être animal
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Dernière mise à jour @ 20/02/2026