Le strip-till est une technique culturale qui consiste à ne travailler la terre qu’à l’endroit où l’on va déposer la graine pour des cultures à large espacement entre rangs comme le maïs. Originaire du continent nord-américain, la technique a fait son apparition en France il y a une dizaine d’années. Elle a séduit les adeptes de TCS et se présente comme une alternative sécurisante, notamment pour les implantations de printemps, avec un meilleur réchauffement de la ligne de semis qu’en semis direct classique. La technique peut être intéressante pour réduire les phénomènes de lessivage et d’érosion (résidus dans les interlignes) et limiter la perturbation du profil du sol.

 

 

Les strip-tiller les plus courants sont actuellement bâtis selon ce modèle :

-       Un disque ouvreur : pour couper les débris (1)

-       Des chasses débris : pour libérer la ligne de semis des débris végétaux (2)

-       Une dent de travail de sol : pour ameublir la ligne de semis (3)

-       Deux disques de part et d’autre de la dent : pour canaliser le flux de terre engendré par celle-ci (4)

-       Un système permettant un rappui et l’affinage de la bande travaillée (5)

 

Eléments d’un strip-tiller (source : C. Roisin, CRA-W)

 

La technique du strip-till s’accorde très bien à la culture de maïs. Lorsque celui-ci est cultivé en rotation, elle permet le passage aisé dans les résidus de couverts végétaux. En monoculture de maïs grain ou ensilage, elle permet une implantation aisée par le simple décalage de semis dans l’interligne du maïs de l’année précédente.

Les opérations de travail du sol et semis peuvent être réalisées en un seul passage en combinant le semoir au strip-tiller. L’avantage réside dans l’alignement du travail du sol avec la ligne de semis.

Les interventions peuvent également être décomposées. Ce principe est généralement conseillé car il permet un meilleur réchauffement du sol. Néanmoins, il nécessite une attention toute particulière pour la réalisation du semis qui doit être aligné au travail de sol réalisé préalablement. Le semis est alors simplement réalisé en laissant les barres de débattement du relevage libre, de façon à ce que le semoir retrouve la trace du strip-tiller. Le semis avec un guidage GPS est évidemment une alternative sécurisante mais plus coûteuse.

 

Profil de sol sous strip-till (source : C. Roisin, CRA-W)

 

Le CIPF avec le soutien du Centre Pilote Maïs a testé cette technique en 2012 et 2013 avec des résultats intéressants mais inférieurs au labour. Ces 2 derniers printemps frais et humides n’ont guère été favorables aux techniques de non labour. Ajoutons encore que ce type d’implantation nécessite un niveau de technicité et un savoir-faire supérieur aux autres techniques simplifiées.

 

Passage de strip-till au printemps après couvert de moutardes

(source : C. Roisin, CRA-W)

 

Dernière mise à jour @ 24/05/2019