Le rendement en matière sèche

Ce critère exprimé en tonnes de matière sèche par hectare reste évidemment important. D’assez grandes différences existent d’une variété à l’autre. Malheureusement, le caractère visuel flatteur de certaines variétés reste trop souvent un argument de poids au détriment du résultat de la variété obtenu par pesée. Etant donné que peu d’agriculteurs pèsent à la récolte, ils ne connaissent donc pas le rendement de la variété dans leurs propres conditions culturales. Par conséquent, l’abandon d’une variété sur base de ce critère en maïs se fait moins aisément que pour les autres cultures. En outre en culture de maïs, contrairement à d'autres cultures, le nombre de facteurs variables de la production (intrants) sur lesquels on peut jouer est faible. Vu l’arrivée rapide de variétés très performantes sur le marché, la durée de vie d’une variété de maïs est estimée actuellement entre 3 et 5 ans.

La précocité

La précocité est exprimée en teneur en matière sèche. L'objectif de l'agriculteur est de choisir en fonction de ses propres conditions culturales une variété de maïs susceptible d'atteindre à la récolte une teneur en matière sèche  minimum de 32 %. En effet, la plupart des hybrides cultivés actuellement, ont acquis grâce à la sélection la capacité de maintenir une partie tige feuille très saine et active photosynthétiquement alors que les spathes sont déjà en cours de dessèchement.  En dessous du seuil de 32 % de matière sèche, les variétés de maïs n’expriment pas tout leur potentiel (la part de l’épi et la valeur amidon sont déficitaires) et les pertes de conservation liées notamment aux écoulements des jus sont plus importantes. Au delà de 37% de matière sèche, des problèmes de tassement au silo peuvent survenir entraînant des pertes lors de la conservation et une diminution de l'appétence. Dans des régions très froides (Ardenne), il convient par conséquent de choisir des variétés très précoces voire ultraprécoces.

La verse mécanique

Ce critère doit rester un paramètre important lors du choix variétal, sachant qu’un hybride avec une bonne tenue de tige assure un bon déroulement du chantier à la récolte, évite de ramener de la terre dans le silo et limite les contaminations par les spores butyriques. Choisir une variété résistante à la verse mécanique est une sécurité. Pour le maïs grain et l'épi broyé, un maximum de garanties doivent être prises sur ce critère.

La tolérance à la fusariose des tiges

La pourriture des tiges se manifeste surtout chez les plantes à surmaturité . Elle est causée par des champignons de la famille des “Fusarium”. On reconnaît les plantes malades par la présence de pourriture à la base des tiges des plantes, aux épis retombant sur le point de choir sur le sol, et à un stade plus avancé aux tiges pourries cassées dans toutes les directions. Des essais ont montré en ensilage que dans un champ avec 20 % de plantes touchées, la perte de rendement des plantes fusariées au niveau des tiges peut aller de 3 à 7 % par rapport aux plantes restées saines.

La tolérance au charbon

Le charbon du maïs le plus courant en Belgique est causé par Ustilago Maydis (charbon commun). Les tumeurs grisâtres déposent des spores qui restent viables dans le sol durant plusieurs années (5-7 ans). Celles-ci sont tuées lors de l’ensilage ou dans le tube digestif des animaux. Le charbon est peu toxique pour les animaux (excepté quand il est ingéré en très forte quantité). Outre une légère influence sur le rendement, il entraîne une moindre appétence de l’ensilage. Des différences variétales de sensibilité existent et ont été clairement démontrées en 2005 et 2006.

La croissance juvénile

Même si le rendement est rarement influencé par la croissance juvénile, des différences variétales existent. Une période froide après les semis peut engendrer un blocage de la croissance de la plante suivi d’une décoloration jaunâtre rapide. L’activité photosynthétique diminue fortement. La reprise de la croissance est plus lente pour les variétés avec une faible croissance juvénile et l’utilisation d’un produit herbicide sur des maïs chétifs peut engendrer des risques plus importants de phytotoxicité. Dans les régions froides, on conseillera des variétés caractérisées par une bonne croissance juvénile.

La valeur nutritive

La valeur alimentaire est devenue au fil des années un critère qualitatif important pour le maïs fourrage. Vu le haut niveau des performances des animaux, des paramètres comme la digestibilité, la valeur énergétique (VEM-VEVI) ou la valeur amidon deviennent des critères agronomiques prépondérants au niveau du choix variétal. 


La teneur en amidon est un critère important dans le calcul d'une ration. L'amidon du maïs (exprimée en %) se dégrade assez lentement dans le rumen comparativement à l'amidon d'un autre produit (blé, pomme de terre…) et influence positivement la performance des animaux à haute production. La teneur en amidon est bien corrélée avec le rapport épi sur plante entière. En outre, elle augmente généralement avec la teneur en matière sèche. Une teneur élevée d'amidon ne signifie toutefois pas systématiquement une valeur énergétique élevée pour du maïs ensilage. La digestibilité des parois est un critère tout aussi important et conditionne notamment les performances à partir de la ration de base chez la vache laitière. 


La digestibilité exprimée en % est un critère qualitatif global, étroitement corrélée avec la valeur énergétique (VEM/kgMS). Par contre, sa corrélation avec la teneur en amidon est plus faible. Des différences entre les variétés existent et sont souvent liées à des différences de digestibilité de parois cellulaires.


Tout comme pour les autres critères agronomiques, l'influence du milieu (lieu, année…) n'est pas négligeable. La valeur énergétique est exprimée généralement en VEM ou VEVI par kg de matière sèche. Elle fournit la quantité de VEM disponible à l'hectare associant le potentiel quantitatif (rendement en matière sèche) et qualitatif (valeur énergétique en VEM) de chaque variété. Les critères d'appréciation de la valeur sont estimés via la méthode NIRS calibrée sur cellulase dans un laboratoire agréé par REQUASUD (La Hulpe) ainsi qu’au laboratoire du Département Qualité des productions agricoles du CRAW de Gembloux. Elles sont réalisées avec une participation financière de la Direction du développement et de la Vulgarisation dans le cadre de la cellule Vulgarisation du Centre pilote maïs.

Dernière mise à jour @ 06/12/2017